30 NOVEMBRE 2020

PAROLES DE RECONFORT… ET DE QUESTIONNEMENT

    

Lorsque les journaux télévisés font mention de la rencontre des représentants de l’épiscopat avec le président de la République sur la reprise des offices religieux, ou avec le Premier ministre pour la réévaluation de la jauge dans nos églises, la seule image qu’ils ont à nous montrer en boucle, ce sont les rassemblements de catholiques traditionnalistes, curé en soutane en tête, drapeau vendéen brandi, qui prient à genoux sur les parvis des cathédrales. Et l’amalgame est vite fait : c’est la victoire des catholiques intransigeants (certains ajouteront « les vrais » !) qui ont réussi à emporter avec eux l’épiscopat et gagné leur combat contre la République laïque au nom de la liberté de culte. Je trouve cela affligeant… et malhonnête. Non, tous les catholiques ne se reconnaissent pas dans ces manifestations identitaires et, grâce à Dieu, tous les évêques non plus. Non, les règles de précaution sanitaire ne sont pas une atteinte à la liberté de culte. Mais surtout, non, le culte n’est pas la seule, ni même la première forme de la pratique religieuse. Souvenez-vous de l’évangile du Christ-Roi (Matthieu, chapitre 25) : Nous ne serons pas jugés sur le nombre de fois que nous serons allés à la messe, mais sur le bien que nous aurons fait aux autres et particulièrement aux plus petits. Certes, l’eucharistie est la source et le sommet de la vie chrétienne, mais elle n’en est pas le tout. Deux erreurs symétriques guettent les catholiques au sujet de l’eucharistie. D’une part de la juger facultative, secondaire, « dispensable ». Et d’autre part, d’en faire un absolu exclusif, autosuffisant.

Voilà maintenant que nous allons pouvoir nous rassembler, en nombre limité, pour célébrer l’eucharistie. J’aime beaucoup la remarque d’un prêtre de notre doyenné qui s’inquiète de savoir si les « gourmands spirituels » (je ne suis pas sûr, d’ailleurs, que la spiritualité soit plus du côté de la dévotion eucharistique que du service du frère !) ne vont pas se précipiter pour prendre les premières 30 places disponibles, quitte à prolonger la diète des autres, moins « accro », plus réservés, comme le publicain de l’évangile.

Réjouissons-nous, bien sûr, de pouvoir célébrer notre foi. Mais veillons à ce que cette foi manifestée ne le soit pas au détriment de la charité.

 

                                                                                    Dominique Maerten, diacre

Article publié par Thérèse Labalette • Publié le Mercredi 02 décembre 2020 - 09h26 • 247 visites

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